Réalisé par Mel Gibson
Avec Rudy Youngblood, Raoul Trujillo, Dalia Hernandez
Date de sortie : 10/01/07
Nationalité : USA
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138 minutes
424 239 entrées France
L'aventure humaine d'une tribu pour sa propre survie dans la jungle d'Amazonie

Revoila Mel Gibson derrière la caméra. Et comme pour son précèdent film, il a décidé de le faire dans la langue morte de l'époque de l'histoire. Mais c'est bien là le seul point commun avec La passion du Christ. Apocalypto est de facture nettement plus classique sur la forme et sur le fond. Tourné en anglais, il aurait pu passé pour un blockbuster comme un autre.
Malgré le coté spectaculaire du film à travers la violence et les grands décors, c'est surtout l'aspect humain qui ressort. On s'interresse énormément aux individus qui composent cette paisible tribu dont la quiétude va être perturbée par des fanatiques religieux. Cela est certainement induit par un début de film plutôt pauvre en action. Il ne se passe pas grand chose pendant un bon moment, on suit ces gens dont la vie va être bouleversé et on finit par s'y attacher car ils ont quelque chose de très contemporain, très occidental, plus attirés sur l'amusement et la paix que sur la haine et la guerre. Et c'est très bien fait, on ne s'ennuie pas et on se demande ce qu'il va leur arriver.
La suite mêle action et mysticisme avec suffisamment d'équité pour que le côté mystérieux ne dérange pas ceux qui n'y adhèrent pas. L'obstination du "héros" a vouloir coûte que coûte protéger sa vie et celle de ceux qui l'aiment est un des points forts. Les plans où on le voit courir de face, avec son regard d'homme qui n'a rien à perdre, en sont les meilleurs exemples. C'est aussi une belle performance d'acteur. D'ailleurs, le casting a la bonne idée d'être composé d'acteurs inconnus (donc sans connotation) et suffisamment différents pour ne pas les confondre. Enfin, on pourrait aussi inclure dans ce casting, la forêt et ses habitants. On peut dire qu'elle est la principale alliée de notre indigène, et qu'elle paraît dotée d'une vie. La terre, l'eau, les arbres, les animaux, tout y passe. La nature joue ici un rôle d'arbitre entre les clans.
Voila donc un bon divertissement qui mélange judicieusement actions, émotions, mysticismes et même un peu d'humour. Ce n'est pas forcèment très original, mais c'est très prenant.
Manu

Traitons tout de suite du sujet qui fache. Le film est violent. Avec toujours cette volonté que la violence apparaisse bien distinctement. Soucis du détail jusqu'à montrer le sang gicler d'une gorge transpercée ou les palpitations d'un coeur arraché aux sacrifices humains (notez au passage le clin d'oeil probablement involontaire au Temple du Soleil, qui prête à sourire pour tous les tintinophiles que nous sommes). Cette satisfaction à montrer l'horreur s'avère parfois désagréable surtout qu'elle ne semble pas toujours nécessaire. Mais le film ne se résume pas à sa violence, et propose suffisamment pour susciter l'intérêt.
La curiosité première est de nous laisser dans le doute dans les premières minutes du film. On ne sait pas quelle tournure va prendre le film, on ne sait pas dans quelle direction le realisateur veut nous emmener. Mel Gibson veut-il nous raconter la vie villageoise et ses querelles intestines, ou encore nous narrer l'arrivée des conquistador ? La réponse ne se dessinera que progressivement, tout comme le héros principal d'ailleurs.
L'histoire en elle même est assez simple, brute de décoffrage, bestiale, et sans véritable message. Ce n'est pas une histoire de vengeance et d'honneur comme l'était Braveheart. Ce n'est pas une revisitation de l'Histoire, comme l'était La passion du Christ à l'égard de l'Evangile. Il s'agit juste d'une aventure humaine de membres d'une tribu pour leur propre survie. La réussite vient de ce pari audacieux de mettre en scène un univers peu exploité au cinéma. Réussir à rendre crédible cet univers est un tour de force. Certaines scènes sont moins réussies que d'autres (pour citer un exemple, le tapir n'est pas aussi crédible qu'on le voudrait), mais dans l'ensemble le monde précolombien est exceptionnellement bien reconstitué, alors que l'époque se prétait facilement aux chausse-trappes en matière de reconstitution. Si le film prend finalement la forme d'une course poursuite, l'originalité est celle de l'univers hors du commun dans lequel l'aventure se déroule, très loin des courses poursuites policières qu'on nous sert si souvent au cinéma. Ici, pas de flingues et pas de gangster. Juste des indigènes, particulièrement criants de vérité, dans la jungle du nouveau continent. C'est cette originalité qui permet à l'extrême violence de se diluer dans le récit.
Sans atteindre la charge émotionelle d'un Braveheart (il ne s'agit ici que de survivre, si bien que nos seules émotions sont celles que nous procure l'adrénaline de cette course-poursuite), le film s'avère une fresque prenante et mouvementée, et surpasse sans aucun mal la médiocre Passion du Christ.
Jocelyn

Manu

Jocelyn
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