M'annoncer un sixième épisode de Rocky, c'est comme m'annoncer un nouvel épisode de Star Trek. Je ne connais pas la série mais je me dis qu'un tel projet aboutira forcément à un navet, jamais je n'aurais imaginé débourser six euros pour cette suite apparaissant d'emblée comme fumeuse. Pourtant, la sortie semblait étrangement bénéficier d'une rumeur plutôt favorable. C'était suffisant pour attiser ma curiosité.
Du film se dégage une curieuse impression de fin de règne. C'est l'histoire d'une gloire passée, un boxeur qui ne renonce pas à se remémorer ses heures de gloire. On ne peut que faire le parallélisme entre le boxeur et l'acteur. Stallone a connu la gloire par cette série à succès. Avec ses succès derrière lui Stallone/Rocky décide de revivre ses plus beaux moments, un ultime film/combat avant de tirer sa révérence. Et moi, en tant que spectateur, je suis comme ce jeune journaliste au pied du ring : je ne connais que peu de chose sur cette série légendaire, mais éprouve de la compassion pour cet acteur, vieillissant mais touchant, prêt à payer de sa personne pour retrouver la gloire passée.
Le résultat est honnête. Le célébrissime refrain de Rocky donne toujours le frisson. Le boxeur a pris un sérieux coup de vieux, mais son retour est traité avec beaucoup d'humilité : il est nullement question de rendre le retraité de la boxe aussi fringant qu'un champion du monde dans la fleur de l'âge. Eminemment nostalgique, le film est un peu long à démarrer. Cela surprend un peu, puisqu'on se doute bien que le boxeur va reprendre le chemin de l'entraînement pour livrer son dernier combat. La reprise de l'entraînement aura bien lieu, mais bien plus tardivement, et assez succinctement. La réalisation est classique. Stallone n'a plus la fougue d'un jeune boxeur ce qui oblige à quelques subterfuges pour filmer les scènes les plus physiques. Le réalisateur s'essaie parfois à quelques effets de lumière, à quelques images noir et blanc teintées de sang, mais il n'y a vraiment rien à voir avec l'excellent Million Dollar Baby, nettement supérieur aussi bien sur le fond que sur la forme. Au final, c'est cependant l'indulgence qui prédomine, à condition bien entendu que ce soit bel et bien un adieu définitif. Rocky Balboa a su se trouver une honorable sortie de ring.
Jocelyn

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.