Réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck
Avec Thomas Thieme, Martina Gedeck, Ulrich Mühe
Date de sortie : 31/01/07
Nationalité : Allemagne
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137 minutes
1 432 172 entrées France
En 1984, en RDA, un agent de la Stasi espionne la vie d'un couple d'artistes.

En ex-RDA, les petits hommes gris sont partout. Pas les extra-terrestres, les agents de la Stasi. Ils observent et notent tout, permettant au régime d'alors de tout connaître de la vie de ses concitoyens. L'un d'eux décide d'espionner un couple d'artiste qu'il juge trop honnête pour l'être vraiment. Au fur et à mesure qu'il écoute la vie des autres, on n'en apprend plus sur lui. Les contours de sa personnalité complexe se dessine progressivement. Alors qu'on l'aurait jugé comme un communiste convaincu, des petites brèches se forment ici et là.
Plus que les rouages du régime de l'Allemagne de l'Est des années 1980, c'est la vie des gens qui la composent qu'on suit. C'est un film sur des personnes, non sur le système. On suit une sorte de confrontation entre l'espion et l'espionné, ce dernier ne sachant pas que ses faits et gestes sont observés. Comme il nous est sympathique, on se prend à espérer qu'il ne fasse pas d'impair. Et on se demande ce qu'à l'espion en tête. Les vies qui se tissent sous ses yeux sont tellement différentes de la sienne qu'il peut autant les envier que les haïr.
D'un environnement plutôt terne, et d'un pitch pas très joyeux, le film n'en est pas moins très joli. Des pointes d'humour et de tendresse pimentent l'histoire de ce petit homme seul, noyé dans le système. La réalisation n'est pas tapageuse, tout comme le jeu des acteurs. La fin reste assez prévisible. Néanmoins, le film fait son effet et je pense qu'il fait partie de ceux qu'on oublie pas.
Manu

La vie des autres traite d'un sujet sérieux presque austère, celui du régime de la RDA, et de sa police politique, la Stasi. Ne laissant aucune place à l'Ostalgie, on nous dépeint un système où la police politique est utilisée pour faire taire tout discours contraire à l'idéal communiste, allant même jusqu'à des fins plus personnels : servir des représentants du système sans scrupules. L'ambiance du film est particulière, lente, froide et austère (celle d'une RDA sous le joug de la Stasi). Ambiance tendue également, car on vibre de savoir si l'espionné va être démasqué, puis si l'espionneur le sera tout autant.
La vie des autres, c'est surtout le portrait d'un bourreau impitoyable, froid et inexpressif, sur lequel repose l'essentiel du film, et qui se prend de compassion pour les victimes dont il a la charge de surveiller les vies. Epatant dans son apparante froideur, Ulrich Mühe l'est tout autant lorsque son personnage semble s'humaniser. C'est finalement lui le personnage central, pris dans ses contradictions. Il en sera ainsi jusqu'au dénouement, habile et judicieux, qui conclue un film passionnant. Aussi, si présenter le film comme austère peut rebuter, je vous invite sans réserve à franchir tout de même le pas.
Jocelyn

Manu

Jocelyn
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