Le scaphandre et le papillon

Réalisé par Julian Schnabel
Avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Anne Consigny

Date de sortie : 23/05/07
Nationalité : France
Voir la bande annonce

112 minutes
284 012 entrées France
Suite à un accident vasculaire-cérébral, Jean-Dominique Bauby se retrouve atteint du Locked-in syndrome, le rendant entièrement paralysé sauf d'une paupière.

Voila un film dérangeant. Parler de la maladie ou de la mort est rarement attirant ou drôle, mais le faire du point de vue du patient est encore plus angoissant. Et quand la pathologie décrite est une paralysie totale, c'est carrément perturbant. Pendant une grande partie du film, et notament tout le début, on voit ce que voit Jean-Do, légume de son état, dont les seuls vestiges de vie sont un cerveau en bon état et une paupière qui cligne. Et quand je dis "on voit ce qu'il voit", c'est littéralement ce qu'il faut comprendre. On se sent donc souvent nous-même enfermés par des cadrages serrés et flous, lobotomisés d'entendre l'alphabet utilisé pour communiquer, effrayés que ce genre de chose peut arriver à tout le monde sans prévenir.
Je pense que le film retranscrit assez bien les sensations qu'on peut avoir dans cet état. D'ailleurs, c'est une histoire vraie, adaptée d'un livre écrit par le malade lui-même. Il y a un subtil dosage entre le côté interessant, limite pédagogique, et le côté émouvant qui sans chercher à vous tirer des larmes des yeux, vous les fera couler. On voyage dans les pensées du malade qui tantôt se résigne, tantôt se ressaisit. Il s'invente les vies qu'il ne pourra plus vivre, enfermé dans l'enceinte de son hôpital de Berck. Toujours à travers son regard, on suit aussi les réactions des membres de son entourage ainsi que l'équipe de docteurs qui tente de l'aider.
Clairement pas un film à regarder pour se vider l'esprit devant une pizza, ou pour se remonter le moral si on est déprimé, il serait tout de même dommage de passer à côté de ce film qui nous fait prendre conscience de la fragilité de nos vies et de l'utilité de notre enveloppe charnel. Une ôde à la vie, simple et émouvante.
Manu

Un sujet pas facile à appréhender, pas forcément fait pour attirer un public plus enclin à se divertir. Pourtant, il faudra se précipiter dans les salles pour voir ce petit chef-d'oeuvre ! Le sujet est admirablement traité, la maladie qui a fait d'un rédacteur en chef de magazine un handicapé lourd est fort bien mise en scène. Jean-Do Bauby ne se comporte pas comme on voudrait qu'un malade se comporte : il a des pensées positives, des pensées négatives. C'est un légume, certes, mais un légume pensant. Suivant l'adage je pense donc je suis, Bauby est un être à part entière. Mais comment s'en rendre compte si Jean-Do ne peut s'exprimer pour montrer qu'il existe toujours par la pensée. Comment s'en rendre compte sans se mettre à sa place ? C'est ce que ce film nous permet de faire. Il était nécessaire que ce film existe, pour mieux comprendre ces patients dont on ne comprend probablement pas les souffrances. Le réalisateur nous projette dans les pensées du malade, en nous faisant voir le monde à travers ses yeux. Quoi de plus adapté pour comprendre la victime que de devenir la victime, d'être ses yeux, ses oreilles, ses pensées. On ressent toutes les difficultés d'une telle situation : les relations avec le personnel médical, le regard de sa famille, de ses amis.
C'est une histoire pleine d'émotions, sans chercher à dramatiser à l'excès, ne tombant jamais dans le mélo appuyé et compatissant. Le réalisateur réussira probablement à vous faire verser quelques larmes, notamment dans des moments intenses comme la relation qu'il entretient avec son père ou dans son espoir de voir l'être aimé venir à son chevet. Mais Le scaphandre et le papillon est tout sauf pessimiste et larmoyant. C'est un film qui fait aimer la vie, qui nous incite aussi à plus d'écoute et d'entraide, ne serait-ce que pour ces mercis, même épelés lettre par lettre, et qui nous rechauffent le coeur. Un film salvateur. Une récompense à Cannes serait la moindre des choses !
Jocelyn

Manu

Jocelyn

Vous avez vu ce film ? Notez-le !
Note : 6.8/10 pour 5 votes

Trackbacks

Aucun trackback.

Les trackbacks pour ce billet sont fermés.

Commentaires


1. Le lundi 30 juillet 2007 à 10:55, par gilb

Whaou!!! sans doute le meimmeur filmdepuis bien longtemps !!! le meilleur commentaire : "Une ode à lavie , simple et émouvant " c'est de Manu et je signe des deux mains ... Un fim indispensable .


2. Le samedi 23 février 2008 à 19:18, par CuRuL

Bon j'avoue je l'ai regardé car vous lui avais mis une bonne note , mais moi j'ai mis moins , sans doute (déjà j'été fatigué hihihihi ) que mon jugement fut faussé du fait que je suis dans le milieu hospitalier donc j'ai critiqué certains aspects (niveau personnel soignant )

Mais bon coté réalisation c'est vrai que c'est assez bon même si certains passage mon saoulé car peut être un peu édulcoré a mon goût ou alors Jean-Do a un moral d'acier , mais comme je dis mon jugement est sûrement faussé .

Donc j'ai mis 7/10 ce qui est pas mal donc oui c'est tout de même un film a voir mais qui ne plaira certainement pas a tout le monde!


3. Le dimanche 2 mars 2008 à 09:47, par Jocelyn

C'est sûr que le film n'a pas une portée documentaire. Quand on sait le détachement généralement porté aux malades hospitalisés de façon à que le personnel hospitalier ne porte pas le fardeau des malades, les infirmières du scaphandre sont ceux qu'on aimerait tous avoir, des infirmières toujours souriantes qui compatissent à nos souffrances et nous donnent la pèche. Je comprends donc ton ressenti, un peu comme un policier (français comme US) qui regarderait un épisode des experts. Mais c'est justement la place du cinéma d'idéaliser ce monde pas toujours gai. A ce titre, Le scaphandre et le papillon est un film extra-ordinaire.


4. Le dimanche 2 mars 2008 à 17:12, par CuRuL

Je suis heureux que tu m'ai compris jocelyn car parfois j'ai du mal a m'exprimer la dessus , car il est vrai que par la force des choses , nous sommes obligé de nous détacher pour évité de péter un câble , même si du coup cela nous donne une façade très froide voir même un petit coté inhumain .

Mais pour supporter la misère humaine et la souffrance des autres soit on a un moral d'acier pour compatir avec les gens ( cas assez rare de nos jours ) , ou soit on s'en détache totalement .

Mais sinon oui c'est un bon film , mais n'étant pas policier , du coup je préfère les experts , bien que niveau médical Dr House colle assez bien a la réalité ;)

Ajouter un commentaire