Persepolis

Réalisé par Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
Avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux

Date de sortie : 27/06/07
Nationalité : France
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95 minutes
1 118 603 entrées France
Marjane raconte son enfance en Iran, entre guerre et révolution.

La petite Marjane a plein d'idées pour rendre le monde meilleur. Elle se verrait bien en prophète guidant l'humanité vers la paix et la prosperité. Elle a de qui tenir, sa famille est très moderne, cultivée et comporte beaucoup d'idéologues. Elle a grandi dans une bulle de bonheur qui va éclater avec la chute du Shah d'Iran. Petit à petit, son univers alors si agréable va se fissurer. L'arrivée au pouvoir d'extrémistes religieux doublée de la guerre contre l'Irak vont assombrir son ciel bleu, l'obligeant même à l'exil. A l'étranger, elle devra alors faire face au choc des mentalités et chercher à se faire une place. Bien qu'elle ait des goûts très occidentaux pour les plaisirs de la vie d'ado, elle reste en marge et ne s'insère jamais vraiment, pensant souvent à son pays natal.
L'histoire est vraiment très interressante et même si je donne l'impression d'en dire beaucoup, il en reste à découvrir. Marjane fait partie de ses gens dont on aime écouter l'histoire tellement elle mèle facilement romance et réalité. On passe de petits moments de la vie quotidienne à de grands évènements qui bouleversent un pays. On alterne entre passages tristes à pleurer et anectodes amusantes ou extravagantes. On apprend des choses sur ce qui a fait l'Iran des années 60 à maintenant, et aussi sur les gens qui l'ont vécu. C'est d'ailleurs une grande idée d'avoir réalisé ce film en animation et pas en image réelle. Cela permet de ne pas marquer visuellement les personnes et les lieux. Ainsi, au début, s'il n'y avait pas marqué Téhéran, on pourrait se croire à Paris. La barrière de la diffèrence physique n'existe pas, on s'identifie plus facilement. Les faits réels, pourtant éloignés de nous, servent ici à véhiculer un message plus universel, sans tomber dans le pompeux ou le sentimentalisme facile.
Quelques mots sur l'aspect graphique. Je ne suis pas fan des dessins, je pense que je n'aurais pas adhéré à la BD. Mais bizarrement, quand les dessins s'animent, il y a quelque chose qui se passe. Je trouve que les expressions de visages, ou les choix de mise en scène ou de transition sont très bien faits dans l'ensemble. Tout s'enchaîne admirablement, et les dessins soulignent très bien les humeurs de Marjane. Voila un film d'animation intelligent que je vous recommande.
Manu

Il faut un peu de temps pour s'acclimater au film. L'image comme le propos sont d'une apparente austérité qui nous cueille un peu à froid. Le film présente de prime abord un côté très scolaire, expliquant les évènements politiques et l'atrocité des guerre. Les quelques enfants présents dans la salle ont du trouver le temps long, pour un dessin animé qui ne leur est de toute évidence pas destiné. Mais une fois les dix premières minutes passées, on finit par rentrer dans l'univers, par s'attacher à Marjane et à son histoire. Simple témoin d'une grande Histoire pas toujours heureuse, celle de l'Iran et de ses régimes successifs, celle de l'exil européen, Marjane va grandir et être confrontée aux problèmes de tout à chacun, des cruels jeux d'enfants aux désillusions de l'adolescence. La réalisatrice n'oublie pas de porter quelques coups de griffe à l'absurdité des idéologies, sans s'apesantir excessivement. Car c'est avant tout l'histoire de Marjane ! La description qui est faite de l'Iran est celle vue à travers les yeux d'un enfant. D'ailleurs, les nombreuses pointes d'humour nous dédramatisent le propos. Les références à Dieu, Derrick, Karl Marx, Rocky ou Che Guevara ne manqueront pas de vous faire sourire, tout comme la surprenante modernité d'une grand-mère extra-ordinaire.
Cette très jolie histoire l'est aussi parce qu'elle est portée par des dessins très attachants, au style bien à part. La simplicité des traits n'empêchent pas un vraie originalité dans la mise en mouvement, dans les enchaînements. Ce trait sert également le propos, avec pas mal d'humour, comme par exemple pour présenter les transformations physiques de l'adolescence, ou la vision de l'ex petit ami une fois la rupture consommée. Le dessin donne une tonalité particulière. Une fois sorti de la salle, on se dit qu'on a vécu une jolie expérience de cinéma.
Jocelyn

Manu

Jocelyn

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Note : 9.3/10 pour 4 votes

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