Robert De Niro a voulu traiter la naissance de la CIA de la façon la plus crédible possible. Mais est-on obligé de faire si austère pour faire crédible ? Déjà , le personnage principal est le roi de l'économie de mot. On suit donc, pendant 2h47 tout de même, une personne très silencieuse avec deux expressions de visages. Remarquez, je présente cela comme un défaut, mais force est de constater qu'au final, ce monsieur Wilson est vraiment intéressant. Malheureusement ses doutes et ses ambiguïtés n'apparaissent qu'à la fin. Pendant les deux premières heures, on se forge un avis sur ce personnage mystérieux, avis qui se verra infirmé ou confirmé lorsqu'on découvre les choix qu'il doit faire à la fin.
La réalisation est à l'image de ses personnages : classique, austère, lente. De Niro prend le temps de développer les personnalités de ceux qui composent CIA. D'ailleurs, il s'attarde tellement dessus qu'on se retrouve à avoir pas mal d'ellipses et de paraboles sur des faits importants, rendant certains passages pas très compréhensibles si on n'est pas au courant des événements qui ont rythmé les USA dans les années 40 à 60. A quoi s'ajoute la structure à flashback, avec ces incessants retours dans le temps. Le film n'allant pas à cent à l'heure, on arrive toujours à se retrouver. J'aurais tout de même préféré moins de psychologie sur les personnages et un peu plus d'information sur les événements.
Je ne suis pas très tendre avec ce film jusqu'ici, pourtant j'ai aimé ... quand j'en ai vu la fin. C'est typiquement un film intéressant en y repensant après coup, mais un peu trop pesant pour l'apprécier pleinement pendant le visionnage.
Manu

Commentaires
1. Le jeudi 19 juillet 2007 à 08:20, par CuRuLm@n