Loin d'elle

Réalisé par Sarah Polley
Avec Julie Christie, Gordon Pinsent, Olympia Dukakis

Date de sortie : 02/05/07
Nationalité : Canada
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105 minutes
101 055 entrées France
Après 44 ans de mariage, Grant voit sa femme Fiona perdre la mémoire sous l'effet d'Alzheimer.

Un sujet sensible auquel beaucoup d'entre nous sont confrontés plus ou moins indirectement, mais qui est traité ici avec beaucoup de pudeur. Cette pudeur s'exprime par la pénurie de mots utilisés, les émotions passant davantage par les regards, par les visages. Et quels visages ! Julie Christie est une malade éblouissante, pour qui la vieillesse n'a pas de prise. Quant à Gordon Pinsent, il inspire beaucoup de compassion et d'humanité.
Le film fait evidemment réfléchir sur la fin de vie, sur l'importance de sa propre vie, sur le risque que le souvenir de celle-ci disparaisse, comme si tout ceci n'avait jamais existé. S'il est perturbant de se rendre compte de sa perte de mémoire, la situation est encore plus cruelle pour le compagnon de toute une vie, qui sent que son être aimé ne partage plus ses souvenirs. Mais le film n'est jamais larmoyant, il respire l'humanité. Grant pose un regard d'une infinie tendresse sur sa femme, elle même souvent lucide sur sa maladie. Il ne dit mot quand celle-ci range la poele dans le frigo mais son regard vaut tout les grands discours. Parfois une petite note d'humour vient egayer le spectateur, une allusion ironique sur la maladie ou l'amusement d'une situation grotesque. Le film n'en fait jamais de trop. Ce n'est que le pudique portrait de deux humains qui tentent de faire face à une maladie silencieuse.
Jocelyn

Qu'est-ce qui fait qu'une personne est ce qu'elle est ? Parmi les toutes les réponses qu'on peut apporter peut figurer sa mémoire. Sans elle, il ne nous reste pas grand chose. Et si elle s'efface, on s'efface avec elle. C'est ce qui arrive à la rayonnante Fiona qui se sent petit à petit disparaître, emportée par Alzheimer. Mais le plus difficile est encore pour son mari, car il devient peu à peu un étranger pour sa femme. Il a de plus en plus de mal à engager la conversation avec elle, alors même qu'elle reste toujours aussi belle et pleine de vie... Il se retrouve seul à un souffle d'elle.
Le sujet est abordé avec beaucoup de retenue. Pas de termes médicaux inutiles, on se focalise sur la perte d'identité et sur les conséquences pour l'entourage. On pourrait regarder ce film dans une église tellement il est calme. Les mots y sont toujours réfléchis, voir même économisés. Tout se joue sur les apparences, les regards, les attitudes, les non-dits. On suit Grant qui tente ce qu'il peut pour égayer les derniers jours de Fiona. On les sent tout deux résignés, mais pas tristes. Ils ont eu une vie bien remplie, ils essayent de la terminer du mieux possible.
C'est un drôle de sentiment qui parcourt se film, mélant à la fois tristesse et bonheur. On se prend de passion pour ce couple qui a traversé la vie sans gros coup dur et qui doit surmonter le plus difficile à la fin. S'il parvient à faire titiller une corde sensible, le film n'en reste pas moins trop lent à mon goût, et surtout trop silencieux.
Manu

Manu

Jocelyn

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