Quant on parle d’adapter Sherlock Holmes au cinéma, avec qui plus est toute une flopée de vedettes du grand écran (au premier rang, Robert Downey Junior et Jude Law), on ne peut que craindre le pire, surtout lorsqu'on sait que Sherlock Holmes est pour moi au panthéon des plus grands héros de mon enfance. On se doute bien que cette nouvelle adaptation pâtira de surgir bien après la célèbre série où Sherlock Holmes était admirablement interprété par le regretté Jeremy Brett.
Pour tout dire, il faut savoir oublier tout ce que l’on savait déjà. Sherlock Holmes qu’on savait bien plus adepte de l’action qu’Hercule Poirot, passe désormais pour un Jason Bourne du combat à main nu. Le rajeunissement du personnage est flagrant, tant dans l’humour que dans l’action. Du coup, les déductions logiques passent, à mon grand regret, légèrement au second plan, rappelant bien au spectateur qu’il s’agit d’un grand spectacle qui a pour seul but de divertir le plus grand nombre. Il en résulte, comme on pouvait s’en douter par le choix du casting, un univers beaucoup moins noir. Si Holmes conserve toute son excentricité et une partie de sa misogynie et de son excessive assurance, sa démence se limite à l’acceptable (il ne se drogue pas, et est du genre cabotin, à l’image des personnages souvent interprétés par Robert Downey Junior)
Et pourtant, malgré les quelques entorses, le réalisateur réussit l’irréalisable, rajeunir fondamentalement ce mythe pour le mettre au goût du jour et en faire un spectacle particulièrement divertissant. Sherlock Holmes et Watson forment une paire très complice à l’écran, et la réalisation, moderne en tout point, s’est tout de même bien adaptée au sujet sans massacrer ses personnages. Un blockbuster de qualité.
Jocelyn