On reconnait d’emblée la patte du réalisateur, qui a la bougeotte à en donner la nausée : caméra en perpétuelle instabilité, zoom et dézoom nombreux, le réalisateur veut insuffler du dynamisme. Mais l’effet de style a ses limites, et ses perpétuels mouvements irritent plus qu’autre chose, tout du moins dans la première demi-heure. Lorsqu’un artifice technique empêche le spectateur de se faire happer par l’histoire, on se dit que le réalisateur a mal dosé son effort. C’est d’autant plus regrettable que les décors semblaient magnifiques, si la caméra avait pu un temps s’appesantir dessus.
Heureusement, lorsque le simple soldat devient agent du renseignement, le scénario s’intensifie. C’est probablement ce qui différencie un Paul Greengrass d’un Michael Bay. Paul Greengrass peut au moins se prévaloir d’une histoire intéressante sur laquelle peut s’appuyer sa réalisation dynamique. Et lorsque l’histoire devient captivante, comme par hasard, on oublie la réalisation névrosée du réalisateur pour se prendre complètement au jeu.
L’exercice a néanmoins ses limites. A vouloir donner une portée historique, dénoncer le mensonge sur les armes de destruction massive, le réalisateur donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. Bien sûr, il est intéressant que l’Amérique sache exercer une autocritique vis-à -vis de son histoire récente, mais le film tombe sans le vouloir dans le manichéisme qu’il cherchait pourtant à dénoncer. Cela ne choquerait guère dans un pur film d’action, mais constituerait une légère fausse note si le film se voulait être un pamphlet contre la politique de Bush.
Jocelyn

Commentaires
1. Le mercredi 7 juillet 2010 à 21:11, par Anthony