La toute première impression est celle laissée par la réalisation : images granuleuses et pixelisées, couleurs délavées, paroles peu audibles, on pourrait se croire dans un film des années 70 qui aurait mal vieilli, même si les voitures et téléphones portables témoignent bien que nous sommes au XXIème siècle. On comprend dès lors que le film ne se veut pas accessible et qu'il puisse dérouter. C'était probablement une concession faite pour plus de réalisme social. Les portraits dressés sont d'un premier abord attachants, certaines scènes sont assez drôles et l'espoir d'un bon film est dans un premier temps maintenu. Mais tout se gâte lorsque le film vire dans le n'importe quoi, laissant de côté la quête des preuves du passé professionnel du héros. Les apparitions délirantes d'Isabelle Adjani dans les rêves du héros, les comportement ubuesques des personnages, nous referment complètement les portes de ce film et nous plongent dans un profond ennui. On n'y retiendra qu'une vision un brin voyeuriste de la beaufitude de la misère (influence grolandaise bien marquée) et des personnages complètement frappés du ciboulot.
Jocelyn