Nolan base toute son histoire sur un concept, celui de pouvoir s’immiscer dans les rêves. Le réalisateur jouera perpétuellement sur ce concept en l’enrichissant dès les premières minutes de plusieurs niveaux de rêve (je rêve que je rêve, je rêve que je rêve que je rêve, je reviens à la réalité mais ne suis-je pas encore en rêve ?). Ce concept constitue le principal (l’unique) intérêt du film. Tout le reste n’est qu’habillage au service de ce seul motif, peut être tout simplement parce qu’on est trop concentré à essayer de comprendre les mécanismes de l’inception pour s’intéresser aux scènes d’action et effets spéciaux qui ponctuent le film.
Car si le concept peut séduire, le réalisateur ne nous a pas accordé de temps de découverte. Tous les personnages de l’intrigue semblent avoir compris depuis longtemps les mécanismes de l’inception et les moyens de s’en défendre, même la victime. Tout le monde … sauf le public qui rentre directement dans des rêves entrecoupés ce qui réduit les chances de se sentir happer par l’aventure. Surtout que sauf incompréhension de ma part, des incohérences se font jour dans le récit. Une introduction plus posée aurait permis de mieux accepter le film. Heureusement Matrix est passé par là et on se raccroche à ce qu’on connait. Mais Matrix, lui, avait pris soin de nous amener vers son point d’achoppement en nous livrant une histoire d’abord plus conventionnelle et beaucoup plus captivante.
A défaut d’intrigue captivante et de mise sous tension, le réalisateur s’aventure dans une description des désordres intérieurs du héros, ce qui nous rappelle pour le coup un certain Shutter Island. Di Caprio doit à nouveau faire face à ses névroses , mais de vous à moi, je n’en ai que faire. Dans le rôle de l’être perdue, Marion Cotillard ne fait pas mieux que Michelle Williams dans Shutter Island. Si bien que comme dans Shutter Island, on se dit que l’intrigue a finalement était sacrifié au profit des désordres psychologiques du héros.
Jusque là je n’ai aimé aucun film de Nolan, mais je dois au moins reconnaitre une chose, c’est que je rejette chacun de ses films pour des raisons différentes. Cela me laisse au moins l’espoir de me trouver peut-être un jour en osmose avec le réalisateur, apparemment adulé par beaucoup.
Jocelyn

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